Changement des systèmes alimentaires

Trois principaux enseignements de la COP30 sur les systèmes alimentaires

La conférence annuelle des Nations Unies sur le climat, la COP30, a revêtu une atmosphère particulière cette année. Cette COP s'est tenue à Belém, au Brésil, ville située aux portes de l'Amazonie, l'un des plus grands symboles mondiaux de la nature et de la biodiversité. L'événement s'est déroulé dans un contexte de profondes divisions géopolitiques et de questionnements sur le rôle même du multilatéralisme. Par ailleurs, cette conférence n'avait pas pour vocation de produire des avancées majeures, l'accent étant mis principalement sur la manière dont les pays allaient actualiser leurs accords. les engagements nationaux, connus sous le nom de CDN, qui devaient être annoncées avant la COP.

Malgré tout cela, le lieu était animé, attirant quelque 50 000 personnes – un nombre remarquable, surtout à une époque où les priorités des individus, des entreprises et des gouvernements sont si nombreuses et concurrentes.

Comment GFN fait progresser les systèmes alimentaires à COP

Le Réseau mondial des banques alimentaires (GFN) participe à ces conférences internationales depuis quatre ans, avec pour objectif de valoriser le modèle des banques alimentaires et d'en faire une solution reconnue, bénéfique pour les populations et l'environnement, notamment grâce à la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires. Nous avons organisé des sessions (grâce à nos partenaires WRAP, ReFED, SDSN, Global Methane Hub et bien d'autres), collaboré avec des partenaires et œuvré pour intégrer les banques alimentaires à certains mécanismes officiels afin de stimuler les progrès et de mobiliser des ressources. En particulier, le GFN… Méthodologie FRAME, qui fournit un processus rigoureux pour mesurer les effets de la récupération et de la redistribution des aliments sur les émissions et autres impacts, a été au cœur de ces efforts.

Qu’a apporté la COP30 aux systèmes alimentaires et à la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires ?

Dans ce contexte, quel bilan tirer de la COP30 ? Où a-t-on constaté des progrès en matière de transformation des systèmes alimentaires, notamment en ce qui concerne les pertes et le gaspillage alimentaires ?

À mon avis, même si les systèmes alimentaires n'ont pas fait la une des journaux, nous avons constaté des progrès évidents dans ce domaine. Voici mes trois principaux enseignements :

1. Engagements nationaux. Avant la COP, l'attention s'est principalement portée sur les engagements nationaux, appelés CDN, qui relèvent de l'Accord de Paris. À l'approche de la COP, une trentaine de pays avaient inclus la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires dans leurs CDN, selon une analyse de WRAP. Bien que ce nombre soit modeste, il témoigne de progrès encourageants. Parmi ces pays, et pour la première fois, quelques-uns ont explicitement mentionné les banques alimentaires comme solution climatique.. Ces engagements nationaux sont importants car ils reflètent la position officielle du pays et peuvent débloquer les financements nécessaires à la réalisation des objectifs.

2. Le programme d'action. Beaucoup ont qualifié la COP30 de “ COP de mise en œuvre ”, un moment propice pour passer des engagements à l'action. Cette idée s'est particulièrement reflétée dans ce que l'on appelle la COP30 Programme d'action — une structure élaborée par la présidence de la COP et les Champions du climat afin d’aligner les actions concrètes sur l’agenda officiel de la COP. Cet agenda est structuré autour de six axes, dont l’un (l’axe 3) est consacré à la transformation de l’agriculture et des systèmes alimentaires.

L'un des plans de l'Axe 3 porte spécifiquement sur les pertes et le gaspillage alimentaires. Le plan Ce plan a été élaboré par GFN, en collaboration avec WRAP, ReFED, Champions 12.3, WRI, SDSN et d'autres organisations. Il présente une vision d'action ambitieuse qui, si elle était pleinement mise en œuvre, permettrait de nourrir des millions de personnes tout en réduisant considérablement les pertes et le gaspillage alimentaires. Un autre plan, relevant de l'Axe 4, était… développé par le PNUE, En collaboration avec ICLEI-Gouvernements locaux pour le développement durable et GFN, cette initiative vise à réduire le gaspillage alimentaire en encourageant le changement des comportements des consommateurs, les partenariats public-privé, les systèmes alimentaires circulaires et les politiques de prévention du gaspillage alimentaire afin de catalyser l'action. Ces efforts, parmi tant d'autres, ont pour objectif d'accélérer la mise en œuvre concrète de mesures au-delà de la COP.

3. Problèmes de liaison. L'un des aspects intéressants des banques alimentaires est leur lien avec de nombreuses autres problématiques sociales et environnementales. C'est pourquoi on dit souvent que les banques alimentaires concernent “plus que de la nourriture.Les banques alimentaires ont pour objectif premier de lutter contre la faim et de renforcer la sécurité alimentaire. Elles présentent également d'autres avantages, comme la réduction du gaspillage et des émissions, notamment de méthane, ainsi que des bénéfices environnementaux, nutritionnels et sociaux. Les banques alimentaires soutiennent et renforcent aussi les communautés, ce qui est essentiel, surtout face à la multiplication des catastrophes liées au changement climatique dans le monde.

Grâce à ces interconnexions, GFN a pu collaborer avec d'autres groupes et organisations, comme la toute nouvelle Super Pollutants Action Alliance, le groupe Lowering Organic Waste (LOW) Methane, la No Organic Waste Initiative, la Climate and Clean Air Coalition (CCAC) et bien d'autres. Ces collaborations offrent à GFN et à ses partenaires l'opportunité d'explorer de nouvelles pistes pour faire progresser notre action collective.

Comme toutes les COP, celle-ci n'était pas parfaite. La chaleur était accablante et les averses quotidiennes nous rappelaient brutalement les changements climatiques. Un incendie d'origine électrique s'est même déclaré, interrompant temporairement les travaux. Pourtant, malgré tout, j'ai constaté un remarquable niveau de positivité et de collégialité dans les couloirs. Tout au long de la semaine, j'ai eu l'occasion de passer du temps avec des partenaires actuels, des collègues que je connais depuis de nombreuses années et des personnes que j'ai rencontrées pour la première fois. J'ai échangé avec des représentants de startups, de grandes entreprises agroalimentaires, de défenseurs de la jeunesse et d'éleveurs. Si les échanges constructifs ne suffisent pas, je crois qu'ils peuvent être stimulants, favoriser une collaboration plus étroite et, dans le meilleur des cas, inspirer des actions concrètes. Comme toujours, le plus dur reste à faire, mais j'espère que nous pourrons mobiliser cet esprit pour œuvrer à un avenir plus sûr et plus sain.

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