Un peu moins de 101 000 milliards de personnes dans le monde souffrent de la faim, tandis qu'environ un tiers de toute la nourriture produite est perdue ou gaspillée — une nourriture qui se décompose ensuite, produisant des gaz à effet de serre nocifs.
Les banques alimentaires constituent une solution à tous ces problèmes. Elles récupèrent les surplus alimentaires nutritifs tout au long de la chaîne d'approvisionnement, garantissant ainsi que les aliments ne soient pas gaspillés mais distribués aux personnes souffrant de la faim.
Historiquement, si les banques alimentaires sont reconnues pour leur efficacité dans la lutte contre la faim, leur rôle dans la réduction des gaz à effet de serre a été sous-estimé.
Mais la récupération alimentaire, qui est la spécialité des banques alimentaires, est un moyen facilement accessible et efficace de réduire dès maintenant les émissions de méthane. — et la réduction des émissions de méthane est l'un des moyens les plus rapides et les plus efficaces de réaliser des progrès significatifs dans la lutte contre le changement climatique.
Le Réseau mondial des banques alimentaires (GFN) aide les banques alimentaires à faire reconnaître leur action environnementale et à devenir des acteurs clés en matière d'impact climatique et social. Ce faisant, elles se transforment en une infrastructure humanitaire essentielle pour le climat, générant un impact environnemental mesurable tout en nourrissant les populations. Nous poursuivons ce travail selon quatre axes principaux.
En 2024, avec le soutien de Hub mondial du méthane, GFN a lancé CADRE FRAME est une méthodologie standardisée qui mesure comment les banques alimentaires réduisent les émissions tout en améliorant la sécurité alimentaire. Elle transforme les opérations quotidiennes de récupération alimentaire en données climatiques fiables, en comptabilisant les émissions de gaz à effet de serre évitées (notamment le méthane), la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires, ainsi que les améliorations de la nutrition et des conditions de vie. Elle rend l'impact environnemental des banques alimentaires visible, vérifiable et exploitable par les gouvernements, les bailleurs de fonds et les entreprises.
Aujourd'hui, 12 banques alimentaires membres de GFN utilisent FRAME, et d'autres les rejoignent chaque année. Rien qu'en 2025, FRAME a quantifié les impacts de ces 12 banques alimentaires, documentant 167 610 tonnes d'équivalent CO₂ évitées et 6 910 tonnes de méthane atténuées – soit l'équivalent de plus de 11 000 voitures à essence retirées de la circulation pendant un an. À cela s'ajoutent 155 000 tonnes de nourriture détournées du gaspillage, tout en servant 2,67 millions de personnes par mois et en couvrant près d'un tiers de leurs besoins nutritionnels quotidiens.
Au-delà de la simple mesure, FRAME aide les banques alimentaires à optimiser leur fonctionnement : l’outil révèle l’origine des émissions, les pertes alimentaires et les investissements les plus rentables. À la Banco de Alimentos de Quito, par exemple, les données issues de cette méthodologie ont orienté les investissements dans des systèmes de réfrigération respectueux du climat. Résultat : une réduction des émissions opérationnelles totales de 641 tonnes de gaz à effet de serre sur deux ans, et une augmentation de la distribution alimentaire de 341 tonnes de gaz à effet de serre.
FRAME permet également un véritable changement opérationnel. Au Paraguay, FRAME a transformé les banques alimentaires, d'un programme social, en une solution climatique. La Fundación Banco de Alimentos Paraguay est désormais l'organisme officiel de suivi des réductions d'émissions liées à l'alimentation dans le cadre du plan climat du pays.
Ces résultats démontrent pourquoi FRAME est un pilier de l'approche de GFN en matière d'infrastructures humanitaires pour le climat. Les banques alimentaires contribuent déjà à la réduction des émissions, nourrissent des millions de personnes et renforcent la résilience. FRAME garantit que cet impact soit mesuré, reconnu et généralisable.
Grâce aux données crédibles et vérifiables relatives à l'impact social et environnemental des banques alimentaires fournies par FRAME, GFN peut aider les gouvernements à adopter des mesures officielles de récupération alimentaire qui réduisent les émissions. GFN forme également ses banques alimentaires membres afin qu'elles puissent participer aux processus d'élaboration des politiques de récupération alimentaire au niveau national.
Par exemple, GFN a collaboré avec des banques alimentaires membres et des gouvernements nationaux en Colombie, au Chili, en Équateur, au Mexique et au Paraguay afin d'intégrer les services de banque alimentaire dans leurs plans climatiques respectifs, connus sous le nom de contributions déterminées au niveau national, ou CDN. Depuis, GFN a étendu son action au Guatemala et au Costa Rica, où les banques alimentaires participent activement à l'élaboration des CDN et au dialogue avec les gouvernements nationaux. Les CDN d'un pays constituent un levier essentiel pour le changement : elles définissent les priorités climatiques, mobilisent les ressources et ouvrent la voie au financement et à la mise en œuvre.
L’Équateur et le Paraguay illustrent ce que peut être une intégration significative à ces processus. L’Équateur est devenu le premier pays à reconnaître une banque alimentaire comme une initiative climatique officielle, liant explicitement cette reconnaissance à l’accès au financement. Le Paraguay a complété cette démarche en fixant des objectifs quantifiés de réduction des émissions de méthane et en désignant sa banque alimentaire comme un acteur national de la lutte contre le changement climatique, chargé du suivi des résultats. Ensemble, ils établissent deux précédents essentiels : l’éligibilité climatique et la responsabilité climatique.
Cette dynamique se poursuit ailleurs. Le Mexique et la Colombie positionnent désormais les banques alimentaires comme prestataires de services climatiques, intégrant la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires dans leurs efforts d'atténuation et d'adaptation. Le Chili, le Guatemala et le Costa Rica créent un environnement favorable grâce à la reconnaissance officielle des pertes et du gaspillage alimentaires, à un engagement gouvernemental actif et à des mécanismes d'intégration allant au-delà des CDN.
De plus, les données recueillies par GFN et les banques alimentaires via FRAME présentent un potentiel d'utilisation à l'échelle mondiale. Récemment, le gouvernement du Kenya a proposé aux Nations Unies l'adoption de FRAME comme norme internationale.
Dans ces pays, les banques alimentaires fonctionnent déjà comme une infrastructure humanitaire climatique : elles récupèrent d’importants volumes de nourriture, évitent les émissions de méthane et améliorent l’accès à une alimentation nutritive. Leur plein potentiel dépend d’une reconnaissance officielle, d’investissements soutenus et de la capacité – grâce à FRAME et GFN – de transformer les données opérationnelles en actions climatiques à grande échelle.
Des données fiables, associées à leur intégration dans les plans gouvernementaux officiels, peuvent ouvrir des perspectives de financement climatique, permettant ainsi aux banques alimentaires de diversifier leurs sources de revenus. Les financements publics et multilatéraux, les mécanismes de tarification du carbone, les contributions des pouvoirs publics, la participation au marché volontaire du carbone et les obligations vertes constituent autant de pistes potentielles pour de nouveaux financements.
Certaines banques alimentaires bénéficient déjà de ce financement. L'ONUDI, l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, a intégralement financé la modernisation du système de réfrigération de la Banco de Alimentos Quito, directement liée aux données d'impact environnemental de la banque alimentaire fournies par FRAME. Par ailleurs, le projet de valorisation du méthane de FoodForward Afrique du Sud a récemment été approuvé par les gouvernements. Registre des projets de la plateforme de financement JET (Just Energy Transition). Ces cas illustrent un lien direct entre les données climatiques vérifiées, la reconnaissance gouvernementale et l'accès au financement international pour le climat – le modèle que GFN reproduit au sein de son réseau.
Des banques alimentaires comme Bancos de Alimentos de México (BAMX) et Banco de Alimentos au Pérou génèrent déjà des revenus grâce aux marchés volontaires du carbone. Pour ces banques alimentaires, cela représente de nouvelles sources de revenus importantes qui n'existaient pas il y a encore quelques années ; cette opportunité peut représenter entre 81 000 et 101 000 milliards de dollars de leur budget total.
Le Réseau mondial des banques alimentaires (GFN) représente les banques alimentaires à l'échelle internationale et porte un message clair : les banques alimentaires constituent une infrastructure humanitaire essentielle à la lutte contre le changement climatique. En récupérant les surplus alimentaires, elles contribuent simultanément à réduire les émissions de méthane, à renforcer la sécurité alimentaire et à améliorer la résilience nutritionnelle des communautés les plus exposées aux impacts climatiques.
En 2025, GFN a sensibilisé le monde entier au rôle crédible des banques alimentaires dans la lutte contre le changement climatique. Grâce à sa participation à des forums internationaux tels que la COP30, à des conférences mondiales et régionales, à des événements d'échange et à un dialogue direct avec les gouvernements, GFN a contribué à positionner la récupération alimentaire comme une solution climatique concrète et applicable à grande échelle.
L’Amérique latine s’est imposée comme un chef de file mondial de cette transformation. Dans sept pays, les banques alimentaires sont désormais officiellement reconnues ou activement intégrées aux cadres climatiques nationaux, ce qui démontre que la récupération alimentaire peut passer de la marge à l’essence même des politiques climatiques.
GFN a constamment intégré la récupération alimentaire aux discussions mondiales sur le climat, là où la mise en œuvre, les données probantes et l'échelle sont primordiales. Bien que ces progrès soient significatifs, ce n'est qu'un début. Chaque jour, des aliments de qualité sont encore gaspillés, tandis que des communautés souffrent de la faim et que les émissions de méthane continuent d'augmenter. Les banques alimentaires offrent une solution concrète et immédiate, dont l'impact est mesurable.
Si vous souhaitez contribuer à lutter contre la faim tout en évitant les émissions nocives de méthane, Rejoignez-nous. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que la nourriture nourrisse les gens, et non la crise climatique.